Les effets sur le cerveau

Des chercheurs ont analysé l’activité du cerveau pendant l’état d’hypnose. Ces découvertes permettront d’améliorer l’efficacité de cette technique.

Vos paupières sont lourdes… Quand on pense à l’hypnose, voilà généralement la première image qui nous vient. Mais que se passe-t-il derrière vos globes oculaires, dans votre cerveau ? Ni sommeil, ni inconscience, l’hypnose est connue depuis longtemps comme un état de conscience modifiée, mais l’activité du cerveau pendant cette période restait jusqu’alors bien mystérieuse. Une étude parue dans la revue Cerebral Cortex lève le voile sur les zones du cerveau activées, désactivées et connectées entre elles lors de l’état de transe hypnotique.

L’activité du cerveau modifiée

Trois changements majeurs ont été observés lors d’un état d’hypnose. L’activité des neurones augmente dans une zone impliquée dans la concentration sur la résolution d’un problème. Cela explique qu’une personne hypnotisée soit tellement absorbée qu’elle ne se soucie plus de rien d’autre. Les échanges neuronaux sont aussi plus intenses entre deux des régions qui gèrent la flexibilité cognitive et la conscience de soi, le cortex préfrontal dorso-latéral et l’insula. Le cerveau contrôle ainsi mieux ce qui se passe dans le corps.  

En revanche, la connectivité entre ce même cortex préfrontal dorso-latéral et le « réseau par défaut » est, elle, amoindrie. Ce réseau par défaut est activé quand le cerveau est « au repos ». Même quand aucune tâche particulière ne lui est demandée le cerveau est toujours en activité. Il est donc important de connaître l’état de cet organe quand il est en veille pour pouvoir le comparer à un autre état de conscience.

La connexion plus faible entre ces zones explique que l’action et la conscience de cette action soient dissociées dans l’hypnose. Grâce à cela, les patients peuvent envisager les choses autrement, penser et comprendre différemment. On ne change pas ce qui s’est passé, mais la perception qu’en a la personne. Cela lui permet de se livrer à des activités suggérées par le praticien ou autosuggérées sans consacrer de ressources mentales à la conscience de soi.

Source : Aymeric Guillot, professeur en neurophysiologie des processus mentaux à l’université Lyon